La pilule (première partie): Ce qu’il faut savoir

Je reçois avec grand plaisir deux collègues Gynécologues-Obstétriciens qui me font le plaisir de cet échange sur la pilule.

J’accueille les Docteur Christian KAMTO et Docteur Cyriane GUIMEYA tous deux exerçant en Belgique à Hôpital EPICURA  et en clientèle privée.

 Alors la pilule, un mot pour commencer ?

Dr Christian : La pilule fait partie des moyens de contraception disponible chez la femme. Dans la majorité des cas, la pilule contient une association d’hormones, à savoir un œstrogène (comme l’ethinyl estradiol)  et de la progestérone, on parle alors de pilule estroprogestative. La pilule peut aussi se composer de progestérone seule.

 La pilule contient donc des hormones. Pour comprendre comment la pilule fonctionne, permettez-moi de faire un point.

Dr Chocolat : Les hormones produites par le corps agissent sur leur cible, mais aussi par un phénomène de rétrocontrôle, contrôlent elles-mêmes leur synthèse. Ainsi, dans le cerveau, une glande appelée hypophyse va secréter des hormones qui induiront au niveau des ovaires la production des hormones femelles, induisant les phénomènes du cycle menstruel que sont l’ovulation et le saignement apparaissant au cours des règles. Ces hormones femelles sont capables d’interagir avec les hormones secrétées au niveau du cerveau. Le cycle menstruel de la femme est ainsi régulé.

 Alors, comment se fait l’action contraceptive ?

Dr Cyriane : La pilule peut agir par action sur la glande du cerveau (hypophyse) et inhibant ainsi l’ovulation au cours du cycle, ne permettant pas aux spermatozoïdes de féconder une ovule. La pilule peut aussi modifier la composition des secrétions naturelles de l’utérus (la glaire cervicale), l’utérus devient imperméable à la migration des spermatozoïdes vers les ovules. Enfin, la pilule peut empêcher l’implantation d’un éventuel œuf au sein de l’utérus (nidation) en rendant inapproprié le milieu naturel d’implantation  (endomètre), qui devient impropre à la nidation.

On a évoqué les règles… Les douleurs…

Dr Christian : La pilule diminue clairement les douleurs de règles. C’est un avantage certain pour les femmes chez qui les douleurs peuvent être très invalidantes.

Si les douleurs restent très persistantes, il faut revoir son gynécologue pour un changement de pilule qui vous sera mieux adapté.

On a vu que la pilule permet d’éviter une grossesse non désirée.  Un mot sur les maladies liées à la sexualité ?

Dr Cyriane : Il faut que ce soit clair pour tous : la pilule contraceptive ne protège pas contre les maladies sexuellement transmissibles (MST) ou des infections sexuellement transmissibles (IST). Il faut donc rester prudent, et toujours éviter des rapports sexuels non protégés  

La question de la prise de poids revient inévitablement lors de mes consultations…

Dr Chocolat : La réponse à la question de savoir si la pilule induit une augmentation effective du poids est NON. Aucune étude à ce jour, notamment celles faites avec les pilules de nouvelles générations,  n’ont pu mettre en évidence une prise de poids selon la Haute Autorité de la Santé (HAS) en France. Toutefois, il faut noter que les pilules de premières générations pouvaient chez certaines femmes causer une prise de poids.

 un mot Dr Christian ?

Dr Christian : Je tiens tout de même à préciser que, parfois il peut y avoir une rétention en eau associée à la concentration des œstrogènes contenus dans la pilule, et induire une prise de poids.  Avec les pilules de nouvelles générations moins dosées en œstrogènes, ce phénomène est moins perceptible. Avant d’imputer sa prise de poids à la pilule, il faut être sûr de ne pas avoir changé son style de vie !

Dr Chocolat : Dans le cas où vous constatez une prise de poids avec la pilule, il est important de revoir ses mesures hygiéno-diététiques et son activité physique. Un suivi nutritionnel peut être entrepris dans ce sens.

Dans la pratique de l’endocrinologue, il a l’habitude de prescrire la pilule. Qui d’autre serait habilité à prescrire la pilule ?

Dr Cyriane : Le gynécologue principalement, le médecin de famille est aussi habilité. Toutefois, un avis du gynécologue est toujours le bienvenu.

Un dernier mot pour cette première partie sur la pilule ?

Dr Christian : Il faut noter que chez certaines femmes, la pilule peut faire baisser la libido. Dans ce cas il faut en parler avec votre gynécologue.

Merci à vous pour cet entretien

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7 thoughts on “La pilule (première partie): Ce qu’il faut savoir

  1. Merci pour cet échange chers confrères, ce sont des informations comme celles la qu’il nous faut vulgariser au maximum auprès de nos proches et même au-dela.
    Merci encore.

    1. Merci mon cher Dominique
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  2. Merci pour cette première partie,sur la pilule,j’aimerais savoir si la prise de pilule à long terme peut être à l’origine d’une hyperprolactinemie plutard

    1. Chère Nelly, la pilule n’est pas censé donner une hyperprolactinémie. Si toutefois, vous retrouvez une hyperprolactinémie dans les dosages biologique, il est souhaitable de consulter un endocrinologue pour établir si c’est une VRAIE hyperprolactinémie et à en rechercher la cause.

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